Manger de saison, c'est meilleur au goût, moins cher et plus écologique. Voici ce qui est à son sommet ce mois-ci — change de mois pour anticiper tes courses.
Au potager, certaines plantes s'entraident — elles repoussent les parasites de leurs voisines ou améliorent leur goût. D'autres se gênent. Choisis une plante pour voir avec qui l'installer, et qui éloigner.
01
Les arbres se parlent
Sous une forêt, les racines s’interconnectent via des champignons. Les arbres s’échangent du sucre, des nutriments, des signaux d’alerte. On appelle ça le Wood Wide Web.
02
Le bambou explose de croissance
Certaines espèces de bambou peuvent pousser de 90 cm en une seule journée. C’est mesurable à l’œil nu si tu restes suffisamment longtemps.
03
La Welwitschia : deux feuilles, 2 000 ans
Cette plante du désert namibien ne pousse que deux feuilles dans toute sa vie. Elle peut vivre deux millénaires en les conservant. Économie radicale.
04
Le pissenlit est entièrement comestible
Racine, tige, feuille, fleur. Tout se mange. C’est aussi une plante médicinale utilisée depuis des siècles pour le foie et la digestion. Et tout le monde le détruit.
05
Les plantes se souviennent
La Mimosa pudica, quand on la touche, se referme. Mais si on la touche répétitivement sans danger, elle finit par ne plus réagir. Elle a appris. Sans neurones.
06
Le baobab est un château d’eau
Un seul baobab peut stocker jusqu’à 120 000 litres d’eau dans son tronc. Dans les régions sèches d’Afrique, il est parfois percé pour en tirer de l’eau potable.
Drageon
du latin « draco » — le dragon
Pousse qui surgit directement depuis les racines d’un arbre ou arbuste. Il vit aux dépens de la plante mère. Utile pour multiplier le lilas ou le framboisier — envahissant sinon. À arracher profond, sinon il repousse.
Rejet
pousse basale
Nouvelle tige qui naît à la base du tronc ou de la souche, souvent après une taille sévère ou un stress. Plus proche de la tige principale que le drageon. Classique chez les rosiers, les bananiers, les bambous.
Stolon
aussi appelé « coulant »
Tige rampante qui s’allonge horizontalement, touche le sol et crée de nouvelles plantules à intervalles réguliers. Le fraisier en vit. Une seule plante peut coloniser un mètre carré en une saison.
Gourmand
ennemi numéro un des tomates
Pousse secondaire qui naît à l’aisselle d’une feuille, entre la tige principale et le pétiole. Il capte de l’énergie sans jamais produire de fruits. Sur les tomates, à supprimer chaque semaine.
Marcottage
multiplication végétative
Technique qui force une branche à s’enraciner avant de la séparer de la plante mère. On entaille légèrement, on humidifie, on entoure de mousse ou de terre. Résultat garanti, zéro risque de perte.
Bouturage
la multiplication low-cost
On coupe un bout de tige saine avec deux ou trois nœuds, on supprime les feuilles basses, on plante dans un substrat léger. La menthe, le géranium, le basilic, le romarin adorent ça.
Paillis
mulch en anglais
Couche de matière organique ou minérale posée sur le sol autour des plantes : paille, copeaux de bois, feuilles mortes, compost, graviers. Retient l’humidité, régule la température, étouffe les mauvaises herbes.
Tallage
des graminées et céréales
Capacité d’une plante à produire plusieurs tiges à partir d’un seul pied. Les graminées tallent naturellement. Le blé compte sur ce mécanisme pour démultiplier ses épis.
Étiolement
le manque de lumière visible
Quand une plante manque de lumière, ses tiges s’allongent exagérément et pâlissent. Elle « cherche » la lumière. C’est réversible si on agit tôt — mais une plante étiolée longtemps ne récupère jamais vraiment.
La permaculture, ce n'est pas une technique de jardinage : c'est une façon de concevoir un jardin (ou une vie) qui imite le fonctionnement d'un écosystème. Neuf leçons pour commencer.
01 Les trois éthiques
Tout part de trois principes qui servent de boussole : prendre soin de la Terre (sols, eau, vivant), prendre soin des humains, et partager équitablement — c'est-à-dire redistribuer les surplus au lieu d'accumuler. Chaque décision au jardin peut se tester à l'aune de ces trois questions.
02 Observer avant d'agir
La première année, on regarde plus qu'on ne plante. Où passe le soleil selon la saison ? D'où vient le vent dominant ? Où l'eau stagne après la pluie ? Quelles herbes poussent spontanément (elles renseignent sur le sol) ?
On conçoit ensuite en fonction du terrain réel, pas d'un plan idéal plaqué dessus.
03 On ne retourne pas le sol
Bêcher retourne et détruit la vie du sol : réseaux de champignons, vers de terre, bactéries, tout un monde qui fabrique la fertilité. En permaculture, on nourrit le sol par le dessus — compost, paillis, matière organique — et ce sont les organismes qui l'incorporent. C'est le principe du sol vivant : moins de travail, plus de vie.
04 Un sol toujours couvert
Un sol nu est une blessure : il se dessèche au soleil, se tasse sous la pluie, se lessive de ses nutriments. On le garde couvert en permanence — paillis (paille, feuilles, tontes), engrais verts, plantes couvre-sol.
Règle simple : si tu vois de la terre nue, couvre-la. La nature ne la laisse jamais à découvert.
05 Associer plutôt qu'aligner : les guildes
Au lieu de rangs mono-espèces, on regroupe des plantes qui se rendent service. Une guilde typique : une grande plante qui structure et donne de l'ombre, une légumineuse qui fixe l'azote de l'air, une aromatique qui repousse les ravageurs, une couvre-sol qui garde l'humidité, une à fleurs qui attire les pollinisateurs. Un mini-écosystème qui s'auto-entretient. Voir la section « Bons et mauvais voisins ».
06 Capter et ralentir l'eau
L'eau qui ruisselle est de l'eau perdue. On la capte (cuves de récupération) et on la ralentit pour qu'elle s'infiltre sur place : noues (fossés peu profonds tracés le long des courbes de niveau), paillage épais, sols riches en matière organique qui font éponge.
Objectif : que chaque goutte reste le plus longtemps possible sur le terrain.
07 Le bord est le plus riche
La lisière entre deux milieux — la berge entre l'eau et la terre, l'orée entre forêt et prairie — est la zone la plus vivante et la plus productive. C'est « l'effet de bordure ». En permaculture on multiplie les bords : massifs aux contours ondulés plutôt que rectangulaires, mares, haies, spirales d'aromatiques.
08 Le problème est la solution
Un excès quelque part révèle souvent un maillon manquant. Trop de limaces ? Il manque leurs prédateurs (canards, hérissons, carabes). Trop de vent ? Une haie brise-vent devient une ressource. Trop d'eau à un endroit ? Une mare.
On cherche à transformer la contrainte en fonction utile plutôt qu'à la combattre.
09 Zones et étages
On range le jardin par fréquence de visite : les aromatiques et salades qu'on cueille tous les jours juste devant la porte (zone 1), le potager un peu plus loin, le verger encore au-delà, et la zone sauvage laissée à la biodiversité tout au fond (zone 5). Et on empile les étages comme dans une forêt : grands arbres, petits arbres, arbustes, vivaces, couvre-sol, grimpantes et racines — sept étages sur la même surface.
Nutrition
La photosynthèse, vraiment
Les plantes mangent de la lumière. Elles combinent le CO₂ de l’air et l’eau du sol pour fabriquer du glucose. Le bois d’un arbre centenaire, c’est de l’air solidifié. Seulement 5 % de sa masse vient du sol.
Respiration
Les stomates : les poumons de la feuille
Sous chaque feuille, des milliers de pores — les stomates — s’ouvrent et se ferment selon la chaleur. Par forte chaleur, ils se ferment pour limiter la perte d’eau. La plante arrête alors de grandir.
Transport
Deux sèves, deux circuits
La sève brute monte des racines vers les feuilles : eau et minéraux. La sève élaborée descend des feuilles vers le reste : le glucose fabriqué. Deux tissus distincts — le xylème et le phloème.
Orientation
Géotropisme et phototropisme
Les racines poussent vers le bas même dans le noir (géotropisme positif). Les tiges poussent vers la lumière (phototropisme positif). La plante sait où elle est sans système nerveux.
Hormones
L’auxine : l’hormone qui courbe
L’auxine migre vers le côté le plus ombragé de la tige, où elle accélère l’allongement des cellules. Résultat : la tige se courbe vers la lumière. Ce n’est pas de la magie, c’est de la chimie.
Défense
Les plantes se défendent en silence
Attaquées par des insectes, certaines plantes émettent des composés volatils qui attirent les prédateurs naturels de leurs agresseurs. D’autres envoient des signaux chimiques aux plantes voisines qui se défendent en prévention.